Cahier
du centre de recherche "Études sur le roman du second demi-siècle" / CERACC
N°
1 05/02
" Vers une cartographie du roman français
contemporain "
Notes
de l'article d'Anne Cousseau
POSTMODERNITÉ : DU RETOUR AU RÉCIT À
LA TENTATION DU ROMANESQUE
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1. Alain Robbe-Grillet,
Pour un nouveau roman, Editions de Minuit, 1961, p.18.
2. " Questions du roman / Romans en question ", Europe,
supplément au n° 820-821, août-septembre 1997.
3. Ibid., p.12.
4. Antoine Compagnon, Les cinq paradoxes de la modernité, Seuil,
février 1990, p.145 : la postmodernité peut " désigner
tout le paysage esthétique et intellectuel contemporain, marqué
par des transformations incontestables "
5. Dominique Viart, " Ecrire au présent : lesthétique
contemporaine ", in Quelles périodisations pour lhistoire
de la littérature française du 20è siècle ?,
op. cit., p.322.
6. Op. cit., p.164.
7. Voir à ce sujet larticle de Sophie Bertho, op. cit.
8. Régis Jauffret, Promenade, Editions Verticales / Le Seuil,
2001, p.34.
9. Philippe Claudel, Jabandonne, Editions Balland, 2000, p.44.
10. " Ce qui caractérise le plus profondément peut-être
la nouvelle littérature postmoderne, cest la renarrativisation
du texte, cest leffort de construire de nouveau des récits ",
A. Kibedi Varga, " Le récit postmoderne ", Littérature,
n°77, février 1990, p.16.
11. Kibedi Varga, ibid., p.6.
12. Sophie Bertho, op. cit., p.94.
13. Editions de lOlivier / Le Seuil, 2000.
14. Editions Baleine / Le Seuil, 2001.
15. Editions Pauvert, 2001.
16. Editions Jai lu, 1997 (Maurice Nadeau, 1994).
17. Editions Verdier, 1995.
18. Régis Jauffret, Promenade, op. cit., p.97.
19. Cétait toute une vie, op. cit., p.8.
20. Ibid., p.45.
21. Dans le récit de Richard Morgiève, la phrase liminaire de
chaque chapitre est systématiquement interrompue de façon tout
à fait arbitraire, tant sur les plans syntaxique que sémantique,
et se poursuit à la ligne suivante.
22. Op. cit., p.14.
23. Op. cit., p.8.
24. " On ouvre les feuilles accumulées le jeudi après-midi,
à la bibliothèque. On en sépare les siennes [
] pour
rassembler en un texte continu ces bribes quelle a laissées, avant
de ne plus venir, et quon sache, après, quelle nétait
plus " Ibid., p.65.
25. Michel Houellebecq, Extension du domaine de la lutte, op. cit., p.42.
26. Régis Jauffret, Promenade, op. cit., p.105 : " La
solitude était générale, totale, plombée, soudée
de toutes parts comme un cercueil de zinc. Elle en faisait partie comme les
autres, toute tentative pour entrer en contact avec quiconque se solderait par
un imbroglio. "
27. Ainsi trouve-t-on à plusieurs reprises dans les textes une conception
de lindividu réduite à une simple définition organique.
28. Régis Jauffret, Promenade, op. cit., p.97 : " Avec
le chagrin, remontaient les souvenirs denfance, et aucun ne lui plaisait.
Elle cherchait à les attraper avec ses doigts, elle les aurait dilués
dans le lavabo. Elle en aurait rempli une bouteille quelle aurait fracassée
avec jubilation contre un mur ".On pourrait également rappeler
ici avec quelle ironie le narrateur dExtension du domaine de la lutte
retrace son " récit des origines " (op. cit., p.150).
29. Dans le numéro dEurope déjà mentionné,
Michel Besnier souligne combien le réalisme est au cur des enjeux
actuels du roman, et se présente de façon complexe : " Létat
actuel de la France et du monde est pour les romanciers un défi par sa
nouveauté, sa complexité, son " insupportabilité ".
Je ne fais pas de la réponse à ce défi un devoir moral
ou artistique. Je crois simplement quune partie des romanciers ne peut
échapper à cette provocation du réel. Si je tiens à
l " attitude réaliste ", ce nest ni pour
voir en elle la seule voie offerte au roman, ni pour pérenniser les formes
déjà acquises. [
] Le besoin de référent réel
subsistant chez les lecteurs, il existe même un danger à écrire
des livres qui se veulent tranche de vie comme tranche de viande, récit
dexpérience, de vécu. On confond alors le réalisme
avec les signes du réalisme, on court le risque du populisme et du reality-show ",
Europe, op. cit., p.23.
30. Op. cit., p.17: " cest un bichet des Causses, senquiert
poliment Monique qui surgit là, comme si conçu et engendré
par une endive et un lapin il était né longtemps après
terme derrière ce platane, né juste maintenant, debout sur ses
jambes arquées, quasiment chauve et tout à fait moche, vêtu
comme un clown qui aurait dormi dans un plumier. "
31. " Le mot dordre moderniste était le refus de lillusion.
Le postmoderne est une revendication des procédés de lillusion,
non pour produire un leurre, mais pour faire triompher les simulacres. Pousser
lillusion à son paroxysme, jusquau point où cest
la réalité même qui apparaît comme une illusion "
(Guy Scarpetta, Limpureté, Paris, Grasset, 1985, p.63).
32. Voir à ce sujet : A. Kibedi Varga, op. cit., p.10, Frances Fortier,
" Archéologie dune postmodernité ",
Tangence, Québec, n° 39, mars 1993, p.32, , et Marc Gontard, op.
cit., p.284-285.
33. Op. cit., p.147.
34. Op. cit., p.22.
35. Op. cit., p.11.
36. Pierre Glaudes et Yves Reuter, Le Personnage, Presses Universitaires
de France, " Que sais-je ? ", 1998, p.40.
37. " Cest la guerre. Ça y est. Ya plus à
tourner autour du pot. En plein dedans. Je savais bien que ça viendrait.
Je veux prendre les armes. Moi contre tous. [
] Faites chauffer toutes
les médailles. Cest rare les héros. Cest moi, jen
suis " (Op. cit., p.9).
38. " Parler sur les décombres de sa vie, limpuissance
devant la pièce insensée quelle fut, linutile fougue
et la lassitude dissolvante, les nuits quon se débat dans sa solitude "
(Op. cit., p.65).
39. " Pourquoi lindignation, en tant que refus moral, revêt-elle
aujourdhui tant dimportance ? La modernité démantèle
les critères universels du jugement moral ou, si lon préfère,
met un terme à lidée de bien. [
] Parce que ce bien
nest plus reconnu ni défini, ce nest pas de lui que lon
tire une raison de récuser les crimes. Seule lindignation sexhume,
puissante, irraisonnée. Elle apparaît aujourdhui comme laffect
qui révèle le mal dans une société qui le perçoit,
mais ne sait pas doù il procède ni en vertu de quoi il existe.
Le mal est redécouvert comme référent universel, un de
ces référents qui structuraient le monde chrétien davant
la modernité " (Chantal Delsol, " Lindignation
des pharisiens ", Le Nouvel Observateur, n° hors-série,
" Indignations ", octobre 2001, p.18-19). Chantal Delsol,
professeur de philosophie politique, a récemment fait paraître
Eloge de la singularité Essai sur la modernité tardive,
La Table Ronde, 2000.
40. Op. cit., p.14.
41. Op. cit., p.98.
42. Op. cit., p.18.
43. Richard Morgiève, op. cit., p.55.
44. Philippe Claudel, op. cit., p.57.
45. Richard Morgiève, op. cit., p.54.
46. Op. cit., p.90.
47. " Pour quil y ait bien cette ouverture créatrice,
cette liberté exploratrice qui ferait de lécrivain le pionnier
dune nouvelle histoire à inventer, il faudrait quil y ait
en même temps un travail de deuil (cestà-dire de mémoire)
de lhistoire qui sachève. Les écrivains (baptisés
romanciers) de laprès-modernité ont la modernité
en héritage. A chacun dans son uvre de se poser la question :
quoi faire avec cet héritage ? Lexploration des nouveaux chemins
nest pas une exploration vierge
Il se pourrait que tous les chemins
aient été explorés
Il sagirait alors plutôt
de trouver de nouvelles façons dexplorer ce qui la été "
(Marie Redonnet, " Mais quel roman ? La littérature en
question ", Europe, op. cit., p.17).
48.
Voir à ce sujet les mises au point effectuées par Dominique Viart :
" Mémoires du récit : questions à la modernité ",
Ecritures contemporaines 1, Revue des Lettres Modernes, Minard, 1998,
p.3-27 et " Filiations littéraires ", Ecritures
contemporaines 2, Revue des Lettres Modernes, Minard, 1999, p.115-139.