Cahier du centre de recherche "Études sur le roman du second demi-siècle" : CERACC
N° 2 06/03
" À L'ÉPREUVE DE LA RÉÉCRITURE "
Notes de l'article d'Erica Durante
LA MAIN INVISIBLE. PARCOURS DANS L'UVRE VISIBLE DE BORGES, VALÉRY, DANTE
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- Richard Burgin, Conversations avec Jorge Luis Borges, Paris, Gallimard, 1972, p. 38.
- George Steiner considère Pierre Ménard, auteur du "Quichotte", "comme le commentaire le plus dense et le plus percutant portant sur la traduction", cfr. Après Babel. Une poétique du dire et de la traduction, trad. de langlais par Lucienne Lotringer, Paris, Albin Michel, 1991, p. 76.
- Le philologue roman italien Cesare Segre a introduit la notion de dia-système pour définir "le compromis entre le système du texte et celui du copiste". Voir à ce propos lentrée "Testo" de lEnciclopedia Einaudi, Torino, Einaudi, 1981, t. XIV, pp. 280-281, reprise par la suite dans louvrage du même auteur Avviamento all'analisi del testo letterario, Torino, Einaudi, 1985, pp. 376-377.
- "Comme jécrirais bien, si je nétais pas là !", sexclamait lécrivain fictif alter-ego dItalo Calvino, dans Si par une nuit dhiver un voyageur, trad. de litalien par Danièle Sallenave et François Wahl, Paris, Editions du Seuil, 1982, p. 183.
- Jorge Luis Borges, Pierre Ménard, auteur du "Quichotte", uvres complètes, Paris, Gallimard, 1993, p. 474.
- Jorge Luis Borges, Ibid., p. 471.
- Parmi ceux qui ont cru voir dans le personnage de Ménard la récréation de Valéry, cfr. Valerio Magrelli, Une onde de traductions : quelques remarques autour de Paul Valéry, "Bulletin des Etudes Valéryennes", numéro spécial Italie, n° 69/70, novembre 1995, pp. 169-180.
- Paul Valéry, Cahiers, éd. intégrale en fac-similé, 29 vol., Paris, Editions du C.N.R.S., 1957-61, t. XXV, p. 221.
- Jorge Luis Borges, Le Faux Problème dUgolin, uvres complètes, cit., t. II, pp. 837-838.
- Paul Valéry, Au sujet du "Cimetière marin", uvres, éd. établie et annotée par J. Hytier, Paris, Gallimard, 1957, t. I, pp. 1503-1504.
- Jorge Luis Borges, Pierre Ménard, auteur du "Quichotte", uvres complètes, cit., t. I, p. 473.
- Jorge Luis Borges, Paul Valéry: "Le Cimetière marin", Ibid., cit., t. II, p. 441. Nous soulignons les termes "original" et "imitation", qui ne sont pas en italiques dans le texte de Borges.
- Le terme de transmétrisation est emprunté à Gérard Genette qui, dans sa typologie des réécritures, mentionne la transposition dun mètre à lautre, en évoquant notamment la transposition en alexandrin du Cimetière marin par Ménard., cfr. Palimpsestes, Paris, Editions du Seuil, 1982, pp. 311-312. Le néologisme alexandrinisme est également emprunté à Genette.
- La liaison entre le rythme et la syntaxe, le son et le sens, est pour Valéry un trait essentiel du poème. Cette notion apparaît dans un grand nombre des études littéraires de Variétés, quil réfléchisse sur sa propre écriture, ou sur dautres poètes.
- Paul Valéry, Au sujet du "Cimetière marin", uvres, cit., t. I, p 1497.
- Jorge Luis Borges, Paul Valéry : "Le Cimetière marin", uvres complètes, cit., t. II, p. 441.
- Jorge Luis Borges, Adolfo Bioy Casares, Le naturalisme en vogue, in Chroniques de Bustos Domecq, trad. de l'espagnol par Françoise-Marie Rosset, Paris, Denoël, 1970, p. 42.
- Le récit de la lecture de la Comédie est désormais devenu légendaire. A maintes reprises, Borges sest amusé à décrire les situations accidentelles qui lont amené vers Dante, et à raconter les étapes de sa lecture. Un épisode très détaillé est contenu dans le texte de sa conférence sur La Divine Comédie, tenue à Buenos Aires en 1977, cfr. Jorge Luis Borges, La Divine Comédie, uvres complètes, cit., t. II, p. 639.
- Alberto Manguel, Une histoire de la lecture, trad. de l'anglais par Christine Le Buf, Arles, Actes Sud, 1998, p. 34.
- Je remercie María Kodama et Irma Zangara, directrice et vice-directrice de la Fondation Internationale Jorge Luis Borges de Buenos Aires, qui mont permis daccéder à ces notes de lecture manuscrites qui sont contenues dans certaines des éditions de La Divine Comédie que possédait Borges, conservées à la Fondation. En ce qui concerne la transcription des notes manuscrites, jai ajouté entre crochets, selon lordre adopté par Borges, la numérotation des annotations, ainsi que la date de lecture et le nom de léditeur qui a établi lédition à laquelle se réfère Borges. Le contenu de la note, tel quelle a été rédigée par Borges, a été transcrit en italique et traduit en français entre crochet en bas de la note originale. Pour la traduction de la première annotation, sagissant dune transcription littérale dun vers du cinquième chant, jai utilisé la traduction de Jacqueline Risset. Pour les autres annotations, sagissant de notes de commentaire déditions italiennes du poème, cest moi qui les ai traduites en français. Je tiens par ailleurs à préciser que je fournirai, dans un travail ultérieur, une étude exhaustive de lensemble des notes autographes de lecture de Borges portant sur La Divine Comédie.
- Pour le texte italien : Dante Alighieri, Commedia, Inferno, a cura di Maria Leonardi-Chiavacci, Milano, Mondadori, 1994, p. 166. Pour le texte français : Dante Alighieri, La Divine Comédie, LEnfer, traduction, introduction et notes de Jacqueline Risset, Paris, Flammarion, 1992, p. 65. A partir de cette note, toutes les citations de La Divine Comédie, seront tirées de ces deux éditions.
- Dante Alighieri, Inferno, cit., p. 162 ; Dante Alighieri, LEnfer, cit., p. 64.
- Ludovico Ariosto, Orlando Furioso, a cura di Cesare Segre, Milano, Mondadori, 1976, p. 6. Pour le texte en français, LArioste, Roland Furieux, éd. bilingue, introduction, traduction et notes dAndré Rochon, Paris, Les Belles Lettres, 1998, t. I (Chants I-X), p. 6.
- Adolfo Bécquer reprend, vers la moitié du XIXe siècle, les vers prononcés par Francesca dans deux de ces cent soixante-seize Rimas, la XXIXe et la XXXIe. En 1909, paraît, dans la première édition de Lunario sentimental de Leopoldo Lugones, un récit en prose intitulé Francesca. Lhistoire des deux amoureux y est rétablie de façon tout à fait originale et en accord avec lesprit de son recueil. Ce nest pas le livre de Lancelot, ni le Novellino, mais la lune, astre protagoniste de louvrage, qui est coupable de la passion de Paolo et Francesca. Cette même année, Unamuno écrit un poème, paru bien après dans Rimas de Dentro, qui porte en épigraphe, lhendécasyllabe 127 et le commencement du vers 128 du cinquième chant. A la même époque, Gabriele DAnnunzio commence à faire circuler sa tragédie en quatre actes intitulée Francesca da Rimini.
- Dante Alighieri, Inferno, cit., p. 162-165.
- Dante Alighieri, LEnfer, cit., p. 64.
- Gianfranco Contini, Unidea di Dante, Torino, Einaudi, 1976, p. 42.
- Jorge Luis Borges, Le livre, uvres complètes, cit., t. II, p. 736.
- Jorge Luis Borges, Dante et les visionnaires anglo-saxons, Ibid., t. II, p. 850.
- Jorge Luis Borges, Inferno, V, 129, Obras Completas, Barcelona, Emecé Editores, 1996, t. III, p. 321. Traduction par Claude Esteban.
- Jorge Luis Borges, Inferno, V, 129, uvres complètes, cit., t. II, pp. 808-809.
- Jorge Luis Borges, Inferno, V, 129, Obras Completas, cit., t. III, p. 321.
- Jorge Luis Borges, Inferno, V, 129, uvres complètes, cit., t. II, p. 809.
- Par. XXIX, 12, Dante Alighieri, La Divine Comédie, Le Paradis, cit., p. 269. Pour le texte italien : "[L]à ve sappunta ogne ubi e ogne quando", Dante Alighieri, Paradiso, cit., p. 798. Ce vers a été transcrit par Borges au dos de lédition Dent en 1943. Cette image de totalité par laquelle Béatrice exprime la divinité, parce quelle contient toutes les dimensions de lespace et du temps, peut être considérée comme une des sources de l"aleph". Cette autre "sphère aux couleurs chatoyantes, [répandant] un éclat presque insupportable" qui, dans un diamètre infime, englobe "lespace cosmique [ ] sans diminution de volume". Borges a affirmé à plusieurs reprises que son récit LAleph, contenu dans le recueil homonyme, est une "vague parodie" de La Divine Comédie. Une littérature critique sest depuis consacrée à létude des rapports entre ces deux textes. Parmi de nombreux ouvrages, on signalera les travaux de Roberto Paoli, dantiste italien, qui sest longuement appliqué à lanalyse textuelle du lien entre les deux auteurs, en privilégiant la production en prose de Borges.
- Jorge Luis Borges, Adolfo Bioy Casares, Hommage à César Paladion, in Chroniques de Bustos Domecq, cit., p. 18.
- Richard Burgin, Conversations avec Jorge Luis Borges, cit., pp. 38-39.